Sortie scolaire à Bobo-Dioulasso

jeudi 12 mars 2009

Sortie scolaire de 30 élèves de Karankaso-Vigué pour la visite de Bobo, les 16 et 17 mars 2002.

Suite à une concertation entre les responsables de l’association " Petit à petit... ", les enseignants et les parents d’élèves de l’école primaire de Karankaso-Vigué, il fut décidé d’essayer de mettre sur pied une visite de deux jours à Bobo avec un riche programme de ce qui pourrait constituer des découvertes intéressantes pour les enfants de l’école.

En retenant comme participants les 5 premiers au classement de chaque classe, il s’agissait de récompenser les élèves méritants et d’encourager l’ensemble des élèves à donner le meilleur d’eux mêmes sur les bancs de l’école. Furent ainsi présentes 8 filles pour 22 garçons.

Grâce à la diligence de l’Action Sociale, qui a accepté de mettre son bus au service de cette initiative malgré le maigre budget de location que l’on pouvait proposer, et grâce aux efforts des Inspections de l’enseignement primaire de Bobo 4, Bobo 1 et Bobo 6 pour nous fournir un lieu d’accueil, cette idée est devenue réalité.

A l’aube du samedi, le bus quitte Bobo pour aller chercher les 30 élèves, parmi lesquels seuls 4 ont déjà mis pied à Bobo. L’encadrement est assuré par deux enseignants et deux parents d’élèves.

Le trajet se déroule sans encombre et après l’installation et les recommandations d’usage, les visites peuvent commencer.

D’anciens élèves de Karankaso, actuellement en 6e ou 5e au L.O.C. servent de guides pour la visite du grand lycée, faisant découvrir à leurs petits frères et soeurs les bâtiments à étage de l’administration et des salles de classe ainsi que les vastes cours et les équipements sportifs. Un enseignant identifie avec nostalgie la salle de classe qui était la sienne en 5e...

La mâtinée est chaude et bien entamée, les vendeurs d’eau glacée et de sandwiches aux portes du lycée font recette avant que chacun ne regagne le bus pour la suite du programme, en l’occurrence l’aéroport.

C’est par le biais de l’aéro-club que les enfants s’initient aux mystères de l’aéronautique.

Monsieur Hubert, un français pilotant à l’occasion un petit avion, transmet sa passion en même temps que ses explications techniques. Chaque membre de l’expédition peut à tour de rôle prendre place dans un des avions, un deux places et un quatre place, voir les instruments de pilotage.

Il poursuit en actionnant les lumières, faisant fonctionner la radio de bord pour un échange avec la tour de contrôle, ouvrant le capot qui cache le moteur, indiquant les réservoirs... Les plus grands des élèves semblent déjà se voir aux commandes, d’autant que le hangar d’à côté abrite des avions militaires qui bientôt se dévoilent pour eux.

Comme prévu au moment de l’ordonnancement des visites et grâce à la ponctualité d’Air Burkina, la visite se termine en assistant à l’atterrissage puis au transfert des passagers et au ravitaillement du vol en provenance d’Abidjan.

Il est temps d’aller manger et les enfants ne s’en privent pas devant leur plat de riz sauce arachide, qu’ils n’arrivent même pas à terminer.
Autant dire que ça pèse sur l’estomac au moment de reprendre le bus, direction la gare pour l’arrivée du train en provenance de Ouaga et à destination d’Abidjan. C’est la cohue à la gare, passagers et marchandises se chargeant et se déchargeant. Il faut se mettre dans un coin pour ne pas gêner les manoeuvres. En tête de train, les enfants bénéficient d’explications d’un cheminot sur la nécessité des rails, des grosses machines pour l’entretien des ballasts et le fonctionnement d’une locomotive.

Il fait très chaud ce soir-là mais les enfants vont avoir l’occasion de se remettre très confor-tablement des émotions liées à la découverte des transports modernes. Monsieur le Directeur du Centre Culturel Français a très gentiment offert une projection privée pour les élèves dans la salle de cinéma climatisée aux fauteuils bien rembourrés. Cependant personne ne dort, " Kirikou et la sorcière " tiennent en haleine petits et grands. A la sortie les regards sont dans le vague, pris par l’émotion et la morale de l’histoire.

Mais la journée n’est pas terminée, le Centre Culturel a d’autres ressources à dévoiler, à savoir la bibliothèque pour enfants, avec ses nombreux livres et magazines, et ses tables et chaises à la taille des jeunes lecteurs, et une exposition de masques dans les jardins, dont les deux promoteurs font la visite guidée en djula pour les enfants.

Tout le monde regagne à pied, en voisin pourrait-on dire, l’École Centre pour un dîner et un repos bien mérité.

Le dimanche matin, l’eau chauffe à l’aube pour un café accompagné des bonnes miches de Bobo, de quoi donner du courage pour les efforts de la mâtinée, notamment la longue marche dans les quartiers historiques de Dioulassoba.

Mais d’abord la grande mosquée s’ouvre aux regards intéressés des enfants et des adultes, grâce aux commentaires éclairés de Monsieur SANOU Sidiki, fils de l’ancien imam : l’espace réservé aux femmes précède la construction ancienne en banco et bois, avec des canaris dans le plafond pour ménager de la lumière, et tout au bout le mirhab d’où officie l’imam. Par un escalier on accède au toit d’où on contemple la ville et où on découvre les deux minarets, celui des femmes et celui des hommes, dont les étages sont réservés aux marabouts en méditation. Par là on redescend au rez-de-chaussée de la mosquée.

Après que chacun se soit rechaussé, on découvre les plaques recouvrant le Houet et constituant la séparation entre les quartiers de Dioulassoba et de Farakan. Après un court chemin en bus, la visite longe la résidence du Chef de Canton qui reçoit les adultes accompagnateurs pour donner sa bénédiction à la visite. Monsieur SANOU informe les élèves sur les origines mêmes de la ville, à savoir la confluence des deux rivières, le Houet et le Sandjo, leur indique les maisons des fondateurs de la ville avant de les emmener scruter les poissons sacrés. La visite aurait pu se poursuivre mais il est maintenant l’heure de se rendre au marché central.

Là le souci des accompagnateurs est de ne pas risquer de perdre un enfant dans le dédale et la frénésie commerçante. On décide donc de séparer les élèves en 5 groupes de 6 enfants sous la surveillance d’un adulte et d’un " grand frère " bobolais. Et en avant pour une heure de découverte de produits jamais vus, surtout jamais vus en telle quantité s’offrir à la convoitise des consommateurs. Objectif atteint : pas un élève ne manque à l’appel au retour. Le bus s’est un peu rempli avec les achats des uns et des autres, qui un ballon, qui des ignames, qui des chaussures... Mais il est encore assez puissant pour rejoindre le dernier repas en ville.

Un court repos avant d’aller découvrir l’industrialisation au Burkina, sous la forme de l’usine de décorticage de riz, SODEGRAIN (ex.SONACOR), filiale du groupe suisse L’AIGLON. En même temps cette visite constitue la palme de la qualité de l’accueil bobolais. En effet, en ce dimanche, l’usine a ouvert ses portes et fait fonctionné ses machines pour le seul bénéfice des élèves de Karankaso. Le Directeur Général en personne, Monsieur KAGNASSY, s’est déplacé pour nous accueillir et ce sont le Directeur Technique et le Chef d’usine qui ont détaillé aux élèves le processus de production, leur permettant de prendre en main le riz après chaque étape de transformation dans une nouvelle machine, pour bien comprendre comment on passe du riz paddy au riz blanc vendu en sac.
Et à la surprise générale, des sucreries ont été offertes à chacun des participants en fin de visite, les élèves et les adultes accompagnants pouvant se désaltérer tout en posant les dernières questions.

Tous étaient donc ravis et comblés à l’entame de la dernière visite du programme, le grand stade omnisport, qui lui aussi, grâce à l’intervention de Monsieur Batieba, ancien international Etalon, a ouvert toutes grandes ses portes. Comme si l’on sortait des vestiaires pour disputer un grand match, tous ont été éblouis par la lumière inondant la pelouse et la dimension des gradins. Pour expliquer le décalage des lignes de départ sur la piste de courses, quelques élèves ont même couru un 200 mètres, avant de se regrouper pour la photo souvenir.

C’est l’heure de rentrer et après un dernier regard aux goudrons et feux de la ville, les enfants retrouvent leurs paysages familiers de nérés en fleurs en ce mois chaud et sec.
Les phares du bus dévoilent le village alors que retentissent les chants des élèves qui pourront mettre à profit leur quinzaine de congés pour raconter leur périple à ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer cette année.


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